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1904 : le jour où le château de Chevregny est entré en littérature !

20

MARS

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Bien oublié(e) aujourd'hui, Henri Ardel, pseudonyme masculin de Berthe Palmyre Victorine Marie Abraham (née à Amiens en 1863 et décédée en 1938) a joué un rôle considérable dans la littérature féminine au tournant des années 1900. Auteure de romans sentimentaux, elle a publié de très nombreux romans que l'on qualifierait aujourd'hui volontiers de romans "à l'eau de rose" mais qui n'en n'ont pas moins été d'immenses succès d'édition.

Henri Ardel

IL était courant à l'époque de prendre un pseudonyme masculin comme le commente Gabriel Aubray dans le mois litéraire et pittoresque de janvier 1902 : "c'est encore une inutile supercherie de presque toutes, les pauvres ouvrières de la plume , elles prennent un masque d'homme. Henry Gréville, Henri Ardel, Champol, Jean de la Brète, Jean Bertheroy, etc. Auraient-elles honte par hasard ? Mais honte de quoi ? de leur sexe ou de leur talent ? C'est bien étrange..."

Il existe peu d'informations sur la vie de Berthe Abraham, du fait de sa grande discrétion et d'une vie publique très limitée. Elle le dit elle-même dans le seul interview connu qu'elle donna au journal Les dimanches de la femme du 9 avril 1933 : "Je suis un peu sauvage et reste volontiers dans mon incognito". Elle fut enseignante, directrice dans un cours de jeunes filles et obtint les palmes académiques en 1904 avec le titre d"officier d'académie.

Le mal d'aimer

Le mal d'aimer date précisément de cette période.

France Danestal, jeune fille rêveuse, ne veut rien de plus que vivre de ses passions, les poèmes et la musique… Lors de vacances à Villers-sur-Mer, son avenir et sa vision des choses vont changer… Va-t-elle, tout comme sa sœur Colette, se résigner à un mariage de fortune ou vivre pleinement ses passions ? Claude Rozenne, jeune illustrateur, pourra-t-il lui faire partager ses sentiments ?
France se laissera-t-elle contaminer par le mal d’aimer ?

Le livre est dédié à Madame Robert Masson, de son nom de jeune fille Madeleine Cherrier, fille d'Henri Cherrier, ancien maire de Chevregny et propriétaire de l'ancien château.

Et le château dans tout cela ?

Il va servir de cadre à plusieurs passages de l'histoire. Dans le livre, il est la résidence de Colette la soeur ainée de France Danestal, propice, comme aujourd'hui toute cette zone du département de l'Aisne, à la chasse !

"Septembre s'achevait, avec une température d'été, aux heures lumineuses du jour ; et seul, l'or fauve, l'éclat pourpré des frondaisons disaient l'approche de l'automne.

Tout particulièrement, Colette était ravie de ces beaux jours persistants. Elle recevait beaucoup en son château de Chevregny, pendant la saison des chasses, et elle aimait à pouvoir distraire ses invitées féminines par de longues promenades en voiture, à travers la jolie campagne de l'Aisne, tandis que les hommes abattaient le gibier."

​L'auteure a vraisemblablement séjourné au château de Chevregny et en remerciement elle aurait dédié le Mal d'Aimer à Madeleine Cherrier. On se plaît même à imaginer qu'Henri Ardel figure sur cette photo d'une partie de campagne dans le parc de l'ancien château !

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